Festival du silence

Arts et culture
12.09.2019

Pantomime, danses, tours de magie, jeux interactifs … Les performances s’enchaînent, riches en émotions et en rebondissements. Le 7ème festival international du mime, appelé Leonid Yengibaryan en hommage au célèbre clown arménien, s’est déroulé en Arménie en août dernier, dans les villes de Tsarghkadzor et de Dilijian. Des personnes que rien ne semble lier s’y sont rassemblées dans le but de partager une passion qu’ils ont en commun : le théâtre silencieux.

Par Tatève Thomas

Venus des quatre coins de la planète, dix troupes d’artistes ont été sélectionnés pour former, ensemble, un programme original et exceptionnel. Une matinée avec des spectacles simples et humoristiques, comme celui de Pedro Lesser, venu d’Argentine avec plus d’un tour dans son sac, et une soirée avec un spectacle dramatique et fascinant du groupe des acteurs du théâtre de mime de Henryk Tomaszewski de Wroclaw, en Pologne, mettant en scène une des nouvelles de Kafka, Le château, voilà qui honore un art du mime. Appelé aussi « l’art du silence », il n’est pas du moins enfermé dans un mutisme permanent : « Le mime a ce don d’exprimer certaines vérités que la parole-même n’a pas » déclare un spectateur. Impuissante, la parole laisse donc place à un cri muet : celui du geste. C’est ce qu’a réalisé la mono danseuse Anna Vardanyan qui, avec le mouvement comme pulsion, tente de répondre à une question : Roc, Amour, Flamme, Serpent…Femme, qui es-tu réellement ?

Néanmoins, si la représentante d’Arménie a privilégié la gestuelle, ce n’est pas forcément le cas des autres acteurs, qui ont préféré explorer d’autres aspects du mime. « Ce qui me plaît dans ce festival, c’est la variété des spectacles qu’il propose : on y voit des gens danser, mimer, faire des numéros de cirque et des tours de magie tout en étant drôle, dramatique ou même tragique. Le mime est non seulement un art à multiple facettes, mais aussi un art incitant à interpréter le monde qui nous entoure d’un angle nouveau », commente un spectateur.

Parmi les participants, un groupe a su se démarquer : la troupe théâtrale française « Avril ». L’atmosphère de simplicité, voilà ce qui a pu marquer le public dans leur spectacle, intitulé « Pluie d’étoile », basé sur les nouvelles de Leonid Yengibaryan. « Il est vrai que nous ne sommes peut-être pas des professionnels, mais ce qui importe pour nous est d’être sincère sur scène, une qualité que certains professionnels n’ont pas », explique l’une des membres de la troupe, Maria Yeguinskaïa. Selon un autre membre de la troupe, Jean-Baptiste Isnard, c’est d’ailleurs ce besoin qui est à l’origine de son improvisation sur scène avec la tirade : « Il n’y a qu’une règle pour rentrer au paradis. Aimer tant qu’on en a la force, c’est tout ». Puis, il explique : « J’ai littéralement ajouté cette phrase de l’abbé Pierre dans ce spectacle spontanément, à la dernière seconde. Personne n’était au courant de cet ajout, pas même la metteuse en scène. A mon avis, l’improvisation ajoute quelque chose de naturel, quelque chose de véritable : on est là, dans le moment, avec le public ».

Finalement, les jeunes acteurs étaient soulagés par la réaction positive de l’audience : « C’est la première fois que l’on est venu en Arménie. On devait convaincre l’audience. On ne les connaissait pas, ils ne nous connaissaient pas et on ne savait pas à quoi s’attendre. Mais finalement, on a été agréablement surpris. Les gens d’ici sont éclatants et vraiment adorables, et à dire vrai, on serait ravis de revoir ce public », concluent-ils en souriant.

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