La solidarité à travers le volontariat

EDITO DU MOIS
23.05.2019

Depuis 10 ans, la fondation KASA, dans le cadre du projet « Corps européen de solidarité» ( l’ancien nom «  Service Volontaire Européen » ), réalisé par l’Union européenne, accueille des volontaires étrangers.  Le programme a pour objectif de promouvoir la solidarité en tant que valeur, principalement par le biais du volontariat, qui encourage à son tour les jeunes et les organisations à s'engager dans des projets humanitaires visant à renforcer la consolidation, la démocratie et la citoyenneté européenne. Il contribue également à la coopération européenne dans le domaine de la jeunesse.

Colette Sopena, 22 ans, originaire de France, s’est engagée dans le projet « Corps européen de solidarité»  pour une période de 10 mois au sein de KASA Fondation Humanitaire Suisse. Venir en Arménie, au sein de cette association, découlait pour elle d’une double intention : celle de vivre et appréhender une culture et une vision du monde différent de la sienne, mais aussi mettre en pratique la théorie apprise lors de ses études de développement et d’innovation sociale. Elle habite maintenant Gumri et s’intègre peu à peu à la communauté, principalement grâce à son travail de volontaire.

Colette s’est investie dans deux des projets proposés par KASA. Sa première mission est d’être assistante du professeur de français dans une dizaine d’écoles de la ville. Elle anime les cours toujours accompagnée d’une ou deux jeunes étudiantes arméniennes qui étudient la langue française à l’Université de Shirak et qui l’aident à la traduction si nécessaire. L’idée n’est certainement pas de remplacer le professeur déjà qualifié mais d’apporter un complément aux élèves dans leur apprentissage du français.

En effet, elle cherche avant tout à développer leur compréhension et expression orale, éléments qui manquent assez souvent au programme. Ainsi, par des jeux ou activités éducatives, elle aide les élèves à surmonter leur timidité ou leurs appréhensions et à mobiliser leurs connaissances en français pour pouvoir les utiliser à l’oral. Elle propose des méthodes d’éducation non-formelle car elles s’avèrent très efficaces dans l’apprentissage complet de la langue, motivant les élèves et leur faisant aimer le français. Par exemple, pour les plus avancés, elle élabore des jeux de rôles ou des petites pièces de théâtre afin de les mettre en situation, rendre leur expression orale plus spontanée et par conséquent, les amener à avoir un français plus courant.

A KASA, Colette intervient également dans le projet des « Jeunes Citoyens d’Arménie ». « C’est un projet que j’apprécie tout particulièrement car il est pour moi essentiel au développement du pays, et au développement d’une société plus juste et plus démocratique. Les jeunes sont sensibilisés à la citoyenneté et comprennent qu’ils peuvent être acteurs du changement. Ainsi, ils sont amenés à réfléchir par eux-mêmes sur les problèmes qu’ils rencontrent, ceux qu’ils voient dans leur ville, tentent de comprendre leur origine et par conséquent cherchent à les résoudre à leur échelle... » - raconte Colette.

Le projet s’articule donc autour de différents clubs tous animés par trois à quatre animateurs volontaires. On retrouve, par exemple, le club d’art, d’écologie, de communication interculturelle, d’anglais, de la francophonie etc. Sans surprise, elle intervient dans ce dernier au sein duquel la langue française est utilisée comme un moyen d’expression pour les débats et autres discutions. En plus d’être un excellent outil pour pratiquer le français permettant une incroyable ouverture d’esprit des participants en les amenant à réfléchir, débattre, questionner, douter et argumenter dans la langue, elle tient à ce que ce club soit à l’origine des initiatives prises par ces jeunes citoyens d’Arménie.

Arrivé en octobre 2018, l’autre volontaire français, Martin Guessaimi, se rend dans les écoles arméniennes pour y animer des ateliers de français. De l’école 48 et 56 d’Erevan à l’école d’Etchmiadzin, en passant par le centre de la francophonie de Talin, il aborde tantôt l’éducation civique tantôt l’aspect civilisation de la culture française. « C’est un réel plaisir de partager ma langue maternelle et ma culture avec des élèves motivés, curieux avec l’éternel souci de bien faire. KASA nous donne également la possibilité de participer aux cours d’arménien. C’est une véritable opportunité de s’imprégner de la culture locale mais aussi de se faciliter la vie au quotidien ! En bref, à travers ce volontariat, j’ai le plaisir de pouvoir parler ma langue maternelle afin d’apporter d’une part ma connaissance de la langue, mais aussi de pouvoir participer à l’éveil d’une certaine jeunesse arménienne toujours plus engagée et curieuse du monde qui l’entoure », - nous raconte Martin.

Au cours de l’année, les volontaires ont réalisé de petits projets. Pour lutter contre les inégalités dans leur ville, les participants du club ont organisé une vente de décorations de Noël et ont participé au Christmas-Bazar. Les bénéfices récoltés ont été reversés à une famille en difficulté ayant un enfant handicapé. Les volontaires ont aussi participé au mois de la Francophonie en travaillant sur le projet de développement de la Francophonie de KASA. Ainsi, ils ont entrepris la création d’un petit village alternatif où ils ont accueilli une conférence, une expo-photo, et traité le sujet « Mon rapport aux déchets ».

En ce moment, les volontaires de KASA cherchent à monter un autre petit projet, l’idée étant de sensibiliser la population à l’utilisation abusive du plastique et à ses graves conséquences sur la santé comme sur l’environnement.  Par ailleurs, toute au long de l'année, les volontaires prennent des cours de la langue arménienne – une activité qui leur plaît beaucoup.