Herbs and Honey, concentré de nature et de bien-être au cœur de Gumri.

Société
24.12.2018

Le salon de thé Herbs and Honey a ouvert ses portes au printemps 2018, à Gumri. Son fondateur, Artush Yeghiazaryan, est aujourd'hui un acteur majeur du développement de la ville. Il contribue à la modernisation de sa ville natale et à la sensibilisation au développement durable en Arménie. Particulièrement attentif au bien-être des visiteurs, Artush Yeghiazaryan les accueille amicalement dans son salon de thé où il s'installe chaque jour pour travailler.

Dernier article de notre série de reportages sur Gumri 30 ans après le séisme.

Par Agnès Ohanian

Artush Yeghiazaryan est né à Gumri. Il a eu une enfance très heureuse: l'atmosphère dans laquelle les enfants grandissaient à l'époque soviétique était, selon lui, bien plus positive qu'aujourd'hui.

Il avait 14 ans en 1988: le jeune garçon espiègle était à l'école quand le tremblement de terre est survenu. Il faisait étrangement chaud ce jour-là, alors que c'était déjà le début de l'hiver. Comme si cette chaleur annonçait que quelque chose d'inhabituel allait se produire... Et juste après le séisme, il s'était remis à faire très froid. Il se souvient également du bruit terrible, du grondement de la terre qui bouge. « En 50 secondes, l'une des plus belles et des plus riches villes d'Arménie s'est effondrée, et notre vie a radicalement changé. »

Selon Artush Yeghiazaryan, l'URSS avait fourni beaucoup d'efforts pour reconstruire Gumri, mais l'histoire a changé le cours des événements. Il pense que si l'URSS avait survécu quelques années de plus, Gumri aurait certainement été reconstruite.

Par la suite, l'indépendance de l'Arménie a laissé place à un système corrompu particulièrement nuisible pour la réédification de la ville. Le ver était dans le fruit. Pour lui, c'était la fin d'une civilisation qui a eu pour conséquences une fuite des cerveaux et de la main-d’œuvre. Le fort taux de chômage et les conditions extrêmement difficiles du début des années 1990 ont eu pour conséquences un exode massif des Gumreci. Tandis qu'Erevan était aux mains des oligarques qui ont défiguré la ville, personne ne s'intéressait plus à Gumri qui n'avait plus rien à offrir. « Gumri a été préservée grâce à la pauvreté », dit Artush. Dans le pays où l’État de droit n'existe pas et où les politiques patrimoniales sont négociables, Gumri a été laissée à l'abandon, c'est pourquoi on y trouve aujourd'hui encore des trésors d'architecture.

 

Un nouveau départ

Au début des années 2000, Artush Yeghiazaryan quitte l'Arménie pour s'installer en Suisse , où il mène une vie très confortable. Malgré cela, sensible aux questions environnementales et militant écologiste, il s'engage, en 2012, contre le projet minier Teghut dans la région du Lori. Il crée l'association Building an Alternative Future en 2013, dans le but de promouvoir le développement durable et la préservation de la nature en Arménie. Cette association à but non lucratif aide les producteurs locaux à créer, exporter et vendre leurs produits. Depuis 2015, elle concentre ses efforts sur la région d'Ashotsk, une des plus pauvres d'Arménie.

En 2017, Artush Yeghiazaryan revient s'installer à Gumri, dans la maison de son enfance. Durant un an, il conçoit le projet Herbs and Honey qui verra le jour au printemps 2018. Aujourd'hui, l'entreprise est un véritable succès qui donne un souffle nouveau à Gumri. Le militant pour la justice, le développement durable et l'égalité des chances a bien d'autres projets – écoferme, centre de méditation et de yoga – qu'il espère réaliser prochainement. « La meilleure manière de rendre hommage à nos ancêtres est de construire un pays de nos rêves pour nos enfants. »

Une nouvelle époque commence pour Gumri, dont Artush Yeghiazaryan est l'un des bâtisseurs.

Région

Cette monographie de Tigrane Yégavian est riche et instructive, et intervient à point nommé pour...
Deux mois après que le Premier ministre arménien ait déclaré de manière controversée que « Le...
A l’occasion des élections législatives israéliennes anticipées d’avril 2019, l’historien du Proche...