Rosatom propose à l’Arménie un nouveau réacteur nucléaire

La société d’État russe Rosatom a présenté au gouvernement arménien une proposition pour la construction d’un nouveau réacteur nucléaire d’une puissance d’au moins 1 GW, basé sur la technologie VVER-1000. L’annonce a été faite le 29 septembre dernier par le directeur général de Rosatom, Alexeï Likhatchev, à l’issue de ses entretiens à Erevan avec le Premier ministre Nikol Pashinyan et le vice-Premier ministre Mher Grigoryan.

 

Les discussions ont porté à la fois sur la prolongation de la durée d’exploitation du deuxième réacteur de la centrale nucléaire arménienne de Metsamor et sur la construction d’une nouvelle unité.

Selon Alexeï Likhatchev, Nikol Pashinyan a indiqué que l’Arménie devrait, dans les prochains mois, arrêter son choix sur les caractéristiques techniques de la future centrale ainsi que sur les partenaires appelés à participer à sa construction.

Le gouvernement arménien n’a toutefois pas encore arrêté son choix. Selon le Premier ministre, Erevan poursuit l’examen des propositions reçues de différents partenaires internationaux et prendra prochainement une décision fondée exclusivement sur des considérations économiques, notamment le prix, la qualité, la sécurité, les délais de réalisation et les garanties.

 

Rosatom mise sur le VVER-1000

Rosatom estime qu’une nouvelle unité d’une puissance d’au moins 1 GW serait adaptée aux besoins futurs du système électrique arménien. L’entreprise affirme avoir fondé cette estimation sur les prévisions de consommation et sur l’évolution attendue du déficit de puissance à l’horizon 2040.

« Nous avons officiellement transmis au gouvernement arménien une proposition concrète » pour la construction d’un réacteur VVER-1000, a déclaré Alexeï Likhatchev.

Selon le dirigeant de Rosatom, cette technologie offre une puissance de l’ordre de 1 000 MW et intègre des systèmes de sécurité de génération III+. Il a notamment cité les projets de réacteurs VVER développés ou construits par Rosatom en Inde et en Iran.

Le responsable russe a par ailleurs indiqué que Rosatom était prêt à associer au projet des fournisseurs internationaux, notamment européens et asiatiques. Il a cité l’expérience de plusieurs projets internationaux de l’entreprise comme exemple de coopération avec des partenaires étrangers. Les entreprises susceptibles de participer au futur projet arménien n’ont toutefois pas encore été désignées.

 

Un déficit de puissance attendu

Pour justifier la nécessité d’une nouvelle unité d’au moins 1 GW, Alexeï Likhatchev a également mis en avant l’évolution de la demande d’électricité en Arménie. Il a indiqué que la consommation avait augmenté de 7 % l’année dernière et a estimé qu’une croissance annuelle de 4 % pourrait conduire à un déficit de puissance d’environ 1 GW à l’horizon 2036, en tenant compte de la fin de l’exploitation de l’actuelle unité de Metsamor.

Il a également souligné les limites de la seule production renouvelable pour répondre aux variations de la demande, notamment en raison de l’intermittence des sources solaires et éoliennes. Selon lui, une centrale nucléaire peut assurer une production continue, indépendamment des conditions météorologiques.

La centrale nucléaire de Metsamor reste aujourd’hui un élément important du système électrique arménien. Le gouvernement a décidé de prolonger jusqu’en 2036 la durée d’exploitation de son deuxième réacteur, actuellement en service. Cette prolongation doit permettre d’assurer la continuité de la production nucléaire dans l’attente de la construction d’une nouvelle unité.

Pour l’heure, la technologie et le fournisseur du futur réacteur restent donc à déterminer. La proposition de Rosatom s’inscrit dans un processus de sélection plus large, au cours duquel le gouvernement arménien examine également les offres de ses autres partenaires internationaux.

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