L’UFAR, nouveau précurseur de l’IA en Arménie ?

La Nuit de l’intelligence artificielle organisée par l'UFAR en collaboration avec l’Université Toulouse III - Paul Sabatier et avec le soutien de l’entreprise technologique arménienne SoftConstruct, a réuni étudiants et experts du domaine pour passer en revue les différents aspects de ce secteur en passe de révolutionner la société. 

Par Marguerite Drieux

Le dynamisme de l’UFAR n’est plus à démontrer avec cette nouvelle soirée de festivités ! La Nuit de l’intelligence artificielle marquait le lancement du master dans cette spécialité à l’UFAR à la rentrée prochaine. Elle a donné matière à réflexion et interrogations sur l’évolution de l’intelligence artificielle en Arménie et dans le monde, grâce aux interventions successives des participants lors des tables rondes et des échanges qui ont ponctué l’événement. 

Former les jeunes face à la demande croissante en experts de l’IA

Analyser régulièrement le marché de l’emploi, c’est la ligne directrice privilégiée par l’UFAR pour sans cesse adapter son offre de formation aux besoins des entreprises. Dans la continuité de sa licence en informatique et mathématiques appliquées, l’établissement souhaitait ouvrir un master dédié à l’évolution rapide des technologies de l’information et de la communication. Ce sera chose faite dès la rentrée prochaine, dans la logique de “montée en gamme des formations de master” voulue par le Recteur de l’UFAR, M. le Professeur Bertrand Venard.

Le vice-ministre de l’Industrie et des hautes technologies, M. Robert Khachatryan, ouvrant la cérémonie, a insisté sur le soutien à « la formation de professionnels de qualité » dans un secteur qui a du grain à moudre en Arménie, où bien que « plus de 30% des équipements technologiques encore en service remontent à l’époque soviétique », on trouve aujourd’hui « de nombreuses entreprises qui ont recours à l’IA ». La présence d’enseignants-chercheurs et de directeurs d'entreprise du secteur de l’informatique était l’occasion de discuter des grandes thématiques de l’IA. M. Alain Crouzil, doyen associé de la faculté d’Informatique et de mathématiques appliquées de l’université partenaire Paul Sabatier, est revenu sur la place de l’IA dans l’enseignement. L’établissement toulousain a élaboré le master en IA en mettant un point d’honneur au double accès « à un socle de connaissances fondamentales et au contact avec la réalité professionnelle » pour donner aux jeunes les clés d’une employabilité réussie.

Un objectif partagé par l’UFAR qui multiplie les partenariats avec des entreprises arméniennes et internationales.  Plusieurs professionnels du secteur ont pris la parole pour affirmer l’importance de la collaboration avec le monde de l’enseignement dans la transition "études – emploi" des futurs spécialistes. M. Eduard Musaelyan, directeur exécutif de l’Union des employeurs des technologies de l’information et de la communication, a présenté les projets éducatifs développés dans 10 écoles arméniennes en partenariat avec le ministre de l’Éducation visant à « permettre aux étudiants d’acquérir des connaissances pratiques en parallèle du bagage théorique scolaire ». Mme. Marie Barseghyan, co-fondatrice du CyHub Armenia, est elle aussi revenue sur l'importance des ateliers professionnalisants en présentant les formations gratuites à destination des lycéens développées par son entreprise.

Un secteur qui interroge autant qu’il attire

Les échanges entre les intervenants et les étudiants ont révélé la curiosité et les questionnements que suscite un domaine nourri par les imaginaires, à base d'œuvres de fiction, de la dystopie orwellienne à la série britannique "Black mirror". M. le ProfesseurViktor Mayer-Schönberger, professeur à l’université d’Oxford et auteur de plusieurs best-sellers, auteur de l'ouvrage " Framers: Human Advantage in an Age of Technology and Turmoil ", était présent en visioconférence pour parler du rôle des cadres cognitifs dans la prise de décisions. Les étudiants se sont livrés à plusieurs activités interactives et ont pu partager des interrogations aussi controversées qu’actuelles. « Pourrait-on éviter les guerres dans un monde où l’IA prendrait le contrôle ? » …

L’intelligence artificielle n’est pas sans soulever interrogations et critiques d’ordre éthique concernant le rôle des machines sur le vivant. Au-delà des avancées et des projets ambitieux présentés par les intervenants, les dangers de l’IA ont également été abordés au cours d'une table ronde qui réunissait M. le Professeur Bertrand Venard, recteur de l’UFAR et chercheur dans le domaine de la cybersécurité, le vice-directeur du département des services corporatifs et du développement de la Banque centrale d’Arménie, M. Komitas Stepanyan, et M. Samvel Martirosyan, directeur général de la start-up Hoory, autour des enjeux de la réglementation de la cybersécurité.

Si l’événement a laissé nombre de ces interrogations en suspens, il semble néanmoins avoir confirmé l’intérêt des nombreux étudiants présents pour le domaine de l’intelligence artificielle. Plutôt prometteur pour le lancement du nouveau master de l’UFAR en septembre prochain !