Les 100 ans du festival arménien célébrés lors d’un congrès international

Arts et culture
10.11.2023

Les 2 et 3 novembre 2023 s’est tenu le congrès international du cinéma arménien, organisé sous les auspices de l'UNESCO. Au programme : l’héritage du cinéma arménien ainsi que des tables rondes sur la production et la promotion des films. 

Par Eléna Coz

 

Un siècle déjà pour l'industrie cinématographique arménienne depuis la création, en 1923, du studio ArmenFilm (HayFilm). Pour l’occasion, le Congrès international des 100 ans du cinéma arménien a rassemblé une trentaine d’invités de prestige. Shushanik Mirzakhanyan, directrice générale du Centre National du Cinéma Arménien (CNCA) a inauguré l’évènement avant de recevoir les encouragements du vice-ministre de la Culture de Daniel Danielyan. L’évènement a été inscrit à l’agenda de l’Unesco que l’organisation décrit le cinéma arménien comme le «   premier à proposer des scénarios se fondant sur des faits historiques pour dépeindre la vie de diverses minorités de la région, jouant ainsi un rôle essentiel pour représenter et comprendre l’évolution de la région au XXe siècle «  .

La place des femmes dans le cinéma à l’honneur

la contribution des femmes au cinéma a constitué l'un des fils rouges du congrès. «   Le premier long-métrage muet arménien tourné par Hamo Bek-Nazaryan en 1926, Namus, abordait déjà, les inégalités et la condition des femmes dans la tradition arménienne «  , explique Ophelia Azizyan, organisatrice du congrès. De nombreuses conférences ont abordé des sujets parfois délaissés comme ceux des actrices du cinéma muet et des femmes dans l’animation arménienne. « Nous avons aussi voulu souligner le lien du cinéma avec la patrie arménienne. Nos films ont gardé une identité nationale tout en transmettant un message universel grâce aux pionniers du cinéma national : Hamo Bek-Nazaryan, Serguei Paradjanov… », ajoute Shushanik Mirzakhanyan. 

Une industrie interculturelle

Ce retour sur l’histoire est également l’occasion d’envisager l’avenir du cinéma arménien. Des experts français, italiens, russes ou encore anglais se sont réunis au côté de leurs homologues arméniens pour analyser des pistes de développement, de préservation et de promotion du cinéma arménien. Des perspectives de co-productions étaient également à l’étude. Pour accéder à une diffusion plus large, la diaspora arménienne contribue activement aux financements, à la production et à la diffusion des films arméniens. En 2020, le film franco-belgo-arménien "Si le vent tombe", présenté en compétition officielle au Festival de Cannes 2020, avait permis de mettre en lumière la guerre dans le Haut-Karabagh. 

L'Artsakh au cœur des futurs projets 

L’Arménie ne manque pas de s’emparer du 7e art pour affirmer son identité nationale et ses revendications. « Nous sommes très sollicités pour traiter de la situation en Artsakh. Nous sommes en train d’y travailler. Il est important de dire au reste monde ce qui se passe en Arménie. Nous avons déjà eu cette problématique à traiter. Ce n’est que la continuité », conclut Shushanik Mirzakhanyan.