Prévenir le génocide, six mois après le Kharabagh

Actualité
04.04.2024

En adoptant le 3 avril la résolution "prévention du génocide" déposée par l'Arménie, le Conseil des Droits de l'homme des Nations Unies semble tirer, sans le dire, les enseignements de la catastrophe de l'Artsakh, aujourd'hui disparu.

Par Olivier Merlet

 

L’inadmissibilité et l'interdiction d’affamer la population civile comme moyen de faire la guerre, le recours aux conflits armés pour commettre un génocide et l'impunité comme facteur de risque… À lire les principales dispositions du texte présenté par l'Arménie en addendum à la "Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide", on croit revivre les derniers mois du Kharabagh et le "nettoyage" toujours impuni de ses terres ancestrales du peuple arménien. Sera-t-il seulement plus efficace, comme il l'entend, à protéger de ce que beaucoup d'Arméniens d'Arménie ressentent justement comme un risque ?

Le ministère des Affaires étrangères qui s'est félicité du consensus réuni autour de son projet adopté lors de la 55e session du Conseil des droits de l'homme à Genève souligne que cette résolution attire l'attention des États membres des Nations-Unies sur les risques de récidive de ce crime et sur la nécessité de les prévenir. L'impunité, « facteur de risque important de génocide, de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité », doit être combattue par des enquêtes, des poursuites et des sanctions au sujet desquelles l'implication de la Cour internationale de Justice dont l'Arménie est désormais partie est clairement stipulé.

Le document envisage encore l'organisation d'une table ronde sur le thème de l'alerte rapide lors de la prochaine réunion consacrée au Droit Humanitaire international prévue vers la fin de cette année.