L'engagement bénévole des Ufariens

L'existence de clubs estudiantins au sein de l'UFAR permet aux jeunes de mener une vie active et intéressante en dehors de leurs cours. À titre bénévole, ils assurent, aux côtés des personnels administratif et professoral de l'université, l’organisation de divers événements, une manière pour eux de s’inscrire pleinement dans la dynamique de la vie universitaire, de mieux découvrir leur alma-mater et surtout, de révéler leurs propres capacités organisationnelles…

Par Lusine Abgarian

L’un de ces clubs, celui des bénévoles de l’UFAR, participe à de nombreux événements et travaux organisés à la fois par l’université et d’autres établissements en Arménie. Journées ''Portes ouvertes'', accueil des primo-entrants, Nuit du droit, de la Francophonie ou de l’intelligence artificielle, cérémonie de remise des diplômes, autant d'occasion de mobiliser ses membres et de partager des moments aussi bien professionnels qu’amicaux.

On aurait tort de réduire ces missions de bénévolat à un simple service gratuit, un travail naïf effectué à peu de frais. Les bénéfices sont réciproques ainsi qu'en témoignent eux-mêmes les jeunes volontaires. Mariam Grigoryan, étudiante en informatique et "gourou" du travail bénévole soutient pour sa part que « le bénévolat n’est pas un acte gratuit, bien au contraire, il nous apporte beaucoup en nous permettant de nous ouvrir à d’autres horizons et d’élargir notre réseau.  Il me donne la possibilité de découvrir des projets mais aussi de me découvrir moi-même et de me créer un nouvel environnement ». « Le volontariat fait partie de ma vie universitaire à l’UFAR, c'est une forme d'engagement que je poursuis aussi en dehors de l'université », ajoute Artur Gerasimenko. La pratique du bénévolat, pour ce futur informaticien, représente une chance dont il serait dommage de ne pas profiter pendant ses années d'études. Lorsqu’il devra intègrer le marché de travail, « il sera trop tard ».

Alors que Zvart Alexanian, étudiante en troisième année, s'est découverte de nombreuses capacités organisationnelles dans le cadre de son bénévolat au sein de l’UFAR, Anna Galstyan, future gestionnaire, y trouve une forme d'épanouissement: « quand on prend quelque chose, il faut donner en retour. C’est un véritable bonheur pour moi que de pouvoir aider des gens, dans la mesure de mes possibilités ».

Quelle que soit leur mission, tous ces volontaires bénéficient du soutien total du recteur pour qui le bénévolat s’inscrit pleinement dans les valeurs défendues par l’UFAR, l’intégrité, mais aussi l’altruisme, un mot inventé par le sociologue français Auguste Comte. Comme le souligne le Recteur Bertrand Venard : « À la fin du 19e siècle, l’enseignement était largement influencé par cette philosophie positiviste pour laquelle une des vocations de l’enseignement était de transmettre des valeurs morales. Cette vocation éthique a presque totalement disparu au XXème siècle. La mission de l’UFAR est dans cette perspective de faire réfléchir les étudiants, de leur donner des clés de compréhension du réel, de leur permettre de faire des choix étayés, notamment par certaines valeurs, comme l’intégrité et de l’honnêteté ».

A l’UFAR, cette facette de l’enseignement se décompose en une transmission classique d’un savoir livresque sur l’éthique, et aussi en une transmission par la pratique. Ainsi, le Professeur Bertrand Venard remarque : « l’université doit être un modèle dans sa pratique de l’intégrité mais aussi inciter les étudiants à l’incarner. Il est facile de donner des leçons de morale. Il est plus compliqué de les pratiquer. Comment pour les étudiants? Par un don, par un don de soi comme le bénévolat ».  Cette importance donnée par la direction de l’université se retrouve presque naturellement dans le comportement réel des étudiants. Ainsi, les étudiants ufariens se sont portés volontaires pour assister des médecins français dans les blocs opératoires pendant l’automne 2020, dans l’enfer de la guerre, alors que leurs conditions de travail étaient particulièrement éprouvantes.

L’université elle-même sert de modèle à ses étudiants, en mettant en place des projets de bénévolat. « L’accélérateur 28 » en est l'exemple parlant. Dispositif entièrement gratuit, il est destiné à aider les jeunes à créer leur propre entreprise, altruisme s'il en est puisqu'ouvert aux jeunes d’autres universités, les étudiants de l’École des Beaux-Arts en savent quelque chose.