Conseil Français-Arméniens : un renouveau dans la vie de la diaspora arménienne de France

Diasporas
29.12.2021

Il y aura bientôt un an, le 6 janvier 2021, Daniel Kurkdjian, au nom du "groupe Français-Arméniens", lançait un appel à la remobilisation de la diaspora française autour de la défense de ses intérêts et de la réaffirmation de son identité. Un mois plus tard, sous le nom de "Conseil Français-Arméniens" (CFA), il présentait publiquement les fondements de son projet, une association se donnant pour mission d'élargir l'action de la communauté arménienne de France, de renforcer son influence dans son environnement national et d'en faire le levier du développement des relations entre la France et l'Arménie, dans tous les secteurs.

Après 4 mois d'un travail collaboratif acharné réunissant plus de 120 membres dans toute la France, de toutes les générations et représentatives de toutes les sensibilités, la Maison du Conseil Français-Arméniens "ouvre ses portes" le 14 juin : elle n'est encore que virtuelle, mais déjà propose son programme d'action et définit ses premières orientations. L’idée centrale est que cette association appartienne à la diaspora arménienne de France qui la fasse vivre de façon moderne, dans un cadre institutionnel combinant démocratie participative et organes de décisions. Placée sous la gouvernance d'un conseil d'administration de 15 professionnels ayant l’expérience du monde entrepreneurial et associatif qui en supervise le fonctionnement, l'équipe aux commandes prône confiance et transparence, « qualités indispensables pour attirer la jeune génération qui doit prendre son avenir en main en faisant vivre une organisation à vocation universelle", souligne Daniel Kurkdjian.

Son but ? Fédérer, coordonner les collaborations entre « tout ce qui existe en France en matière d'arménité », influencer les différentes institutions, qu'elles soient arméniennes ou françaises, et affuter la communication, élargir sa diffusion et la rendre stratégique, objective et intelligible. Il devrait en découler naturellement, selon lui, une « revitalisation des forces diasporiques de France » et décupler les résultats de leur engagement vis-à-vis de l'Arménie elle-même, « des actions concrètes qu'elle réclame pour le pays ».

Pas de politique : ni Dashnak, ni Hentchak, « nous comptons 200 adhérents, des personnes physiques, pas d'association sous influence ni de fédération d'associations, c'est une démocratie directe qui défend le programme du Conseil Français-Arméniens et rien d'autre. » Pas de gros projets humanitaires non plus, « un tas d'associations qui existent s'en occupent déjà », le Conseil Français-Arménien appuie ses démarches sur 2 piliers : l'économie, qui permet de dégager des fonds et de la trésorerie, « la courroie d'entraînement pour faire décoller toutes les activités », et la culture. Pas de gros projets humanitaires, « un tas d'associations qui existent s'en occupent déjà », le Conseil Français-Arméniens appuie ses démarches sur deux piliers : l'économie, qui permet de dégager des fonds et de la trésorerie, « la courroie d'entraînement pour faire décoller toutes les activités », et la culture.

Pour l'aspect économique, le Conseil a créé une commission toute spécifique parmi la diouzaine qu'il anime à ce jour. Sous le pilotage d’Eric Dadian, eElle est notamment  chargée d'appuyer l'attribution effective de l'enveloppe de 2,6 milliards d'euros, promise à l'Arménie en juillet dernier par l'Union européenne, et de suivre sa mise en œuvre. C'est à ce titre que les responsables du bureau se sont rendus à Erevan début décembre et ont participé à une série de rendez-vous avec diverses institutions publiques et privées. « Nous collaborons étroitement avec Tigran Arakelian et Armen Mnatzakanian, présidents respectifs de la Chambre de commerce et d'industrie France-Arménie et la CCIFA de Marseille. Ce sont de jeunes leaders très dynamiques, qui "en veulent", reconnus et plébiscités par les chefs d'entreprise français pour les perspectives qu'ils leur ont ouvertes en Arménie. » Ils sont au cœur de l'équipe à même d'identifier les projets éligibles à cette allocation ainsi que les partenaires idoines, rompus au business et au fonctionnement des organisations internationales, dont la commission européenne, et proches des organes gouvernementaux. Le Conseil Français-Arméniens travaille à la mise en place d’une équipe à Erevan en vue de proposera par ailleurs proposé son expertise au gouvernement arménien dans le montage des projets en ce sens.

D'autres programmes sont également en cours d'élaboration en Arménie et au Karabakh dont l'installation de fermes solaires photovoltaïques à proximité de la ville de Gosh et des initiatives agricoles dans la région du Tavush. Si l'une des ambitions avouées de l'association est de contribuer à faire de l'Arménie le champion de secteurs comme l'IT, l'économie durable ou décarbonée qui attirent de nombreux investisseurs, elle prend garde à ne pas négliger les secteurs plus traditionnels de l'économie locale comme l'agriculture ou le tourisme, « pourvoyeurs potentiels de gros gains de rentabilité ».

« Arrêtons le saupoudrage s petits trucs à droite à gauche, coordonnons et développons nos actions » poursuit encore Daniel Kurkdjian, « En Arménie et en Artsakh, les problèmes économiques sont aussi des problèmes de sécurité nationale. Il est temps d'envisager des programmes sur le long terme. Lorsque l'on voit ce que l'on peut faire dans d'autres pays au sein d'une zone d'influence prospère et dynamique, si l'on offre aux populations d'Arménie et d'Artsakh de réelles possibilités d'activité économique et la confiance du point de vue culturel, elles auront moins la tentation de fuir le pays, pour autant que les voisins ne viennent pas leur chercher des ennuis. »

Le Conseil demeure plus discret sur son volet culturel dont il vient  tout récemment de créer la commission.Il envisage d’appuyer une initiative consistant à créer  Uun grand festival de musique classique et de théâtre devant devrait se tenir en Arménie l’été prochain dans les prochains mois,

Les objectifs de la commission éducation mais l'essentiel de son action semble ont davantage unede portée "hexagonale". Il s'agit de financer plus largement l'enseignement de l'arménien et des écoles arméniennes en France, pour un public inquiet de la préservation et de la transmission aux jeunes générations de sa langue, de son histoire et de ses traditions. Des initiatives dans ce même domaine de l'éducation sont toutefois à l'étude pour l'Arménie, dans la recherche de nouvelles méthodes de levées de fonds, l'établissement de partenariats et de promotion de la recherche académique locale.   

 

Forum économique VivArménia

Au mois de mars prochain, les chambres de commerce et d'industrie Franco-arménienne d'Erevan et la CCIFA de Marseille en collaboration avec l'ANIF dirigée par David Papazian organiseront en France un "Forum économique", placé sous la coordination du CFA. Ses visées sont multiples : présenter l'environnement économique arménien, les réussites et les succès d'entreprises françaises comme Pernod Ricard, Grand Thornton ou Veolia, déminer le sujet "Arménie zone dangereuse" et démontrer au contraire qu'on peut y trouver de la stabilité à savoir un marché plein d'avenir ouvert sur l'Eurasie, la Russie et le Moyen-Orient. « L'Arménie en est une plaque tournante et une porte d'entrée ».

De nombreuses initiatives économiques existent dans la diaspora française. À travers ce forum, Daniel Kurkdjian et Eric Dadian  voient l'opportunité de'en faire enfin converger les intérêts. « L'objectif est d'organiser des tables rondes thématiques dont le but est bien sûr de déclencher la décision d’invetissement n'est pas tant d'investir en Arménie mais aussi de se faire se rencontrer des professionnels d'origine arménienne, des hommes d'affaires et des chefs d'entreprise de France, de tisser des liens et de se décomplexer à faire du business entre nous. Nous voulons créer de l'activité économique en Arménie et troisièmement nous voulons créer du flux entre la France et l'Arménie car ce qui est bon pour l'Arménie et bon aussi pour la France. Amener du business français en Arménie, c'est amélioré le PIB arménien et améliorer la balance commerciale française. Nous sommes des Français d'origine arménienne et ça va aider les deux pays. »