Rentrée universitaire : l'UFAR pousse les murs

867 ! Ils sont presque 900 candidats à avoir tenté le concours d'entrée à l'Université Française en Arménie en juin dernier, soit près d'un tiers de plus qu'en 2020. 640 admis y suivront les cours cette année. Cette croissance remarquable illustre l'attractivité de ce pôle d'excellence français en Arménie. Bertrand Venard, son recteur, y voit les fruits d'une communication soutenue et on ne peut plus lisible basée sur un fait : 6 mois après la fin de leurs études, 97 % des jeunes diplômés de 2020 ont trouvé un emploi. Une réalité imparable, une stratégie gagnante, celle que retiennent avant toute autre chose les futurs étudiants et leur famille.

Avec 70 % d'élèves de première et deuxième années et 3 à 400 de plus chaque année qui viennent en grossir l'effectif, le départ des diplômés vers le marché du travail ne suffit plus à libérer le quota de places requis par les nouveaux arrivants. L'UFAR a fait le plein et commence à se sentir bien à l'étroit dans son bâtiment du boulevard Davit Anhaght.

L'université avait anticipé la situation et entrepris cet été tous les travaux nécessaires. Optimisation de l'espace disponible, création de 4 salles d'études supplémentaires et 2 plus petites destinées à l'organisation de visio-conférences, rénovation de toutes les salles de Master, transformation de son amphithéâtre d'une capacité de 110 places qui accueille les évènements officiels.  Malgré tout, la solution n'est que provisoire. « Entre ma prise de poste en 2020 avec 1300 étudiants, et 1700 cette année, on double naturellement leur nombre à l'horizon 2025. L’enjeu des locaux est ma préoccupation quotidienne » déclare Bertrand Venard. « Dans les conditions actuelles, au lieu d'en recruter 600 l'année prochaine, je serais obligé de limiter à 100-200 le nombre de nouveaux entrants et resterais avec 1700 étudiants. Heureusement, l'État arménien souhaite que l'UFAR continue à se développer et cherche à nous aider dans notre ambition, c’est-à-dire à trouver de nouveaux locaux. » Via l'Ambassade de France, des contacts ont été menés de gouvernement à gouvernement, des options identifiées et des travaux pourraient commencer début 2022 afin de délocaliser rapidement certaines sections.

En attendant, les cours ont repris à la fin de l'été et la rentrée 2021 a pu se dérouler dans les meilleures conditions. Le 25 septembre, les primo entrants étaient conviés par le recteur à participer à une grande assemblée de bienvenue. Cette réunion interactive répondait à un double but : présenter l'école et ses programmes, les perspectives offertes, mais surtout, après un premier mois d'activité et d'apprentissage, recueillir les impressions des nouveaux venus. Un moyen pour l'établissement d'alimenter sa propre réflexion et d'améliorer de manière pertinente son fonctionnement.

Mark Petrosian, 17 ans, rentre en 1ere année de licence en informatique et mathématiques appliquées. Il envisage une spécialisation en programmation et se voit bien engager une carrière en entrepreneur de la High-tech quelque part en Europe, avec une préférence certaine pour Paris où il a de nombreux amis. C'est pour mieux communiquer avec eux qu'il s'est mis au français il y a 3 ans. Son niveau de langue est déjà remarquable. Après avoir obtenu un Delf B2 en suivant les cours de l'Alliance Française, il a choisi l'UFAR. « Après la licence, j'aimerais beaucoup poursuivre mes études en France, c'est pour cette raison que j'ai choisi de venir ici. Les professeurs sont de vrais spécialistes et de parfaits pédagogues. Parallèlement à mon diplôme, j'ai besoin d'apprendre la langue française et de me familiariser avec sa culture. Les professeurs, la bibliothèque, les intervenants, tout est disponible ».

Internationalisation, une porte ouverte sur le monde, professionnalisation basée sur des formations pointues, une montée en gamme avec des éléments de nette différenciation dans le paysage universitaire local, les spécificités défendues par l'UFAR offrent à ses étudiants un passeport pour l'avenir. Les étudiants arméniens ne s'y trompent pas. Bien davantage qu'un simple succès temporaire, le succès actuel de l’UFAR se fonde sur une stratégie ambitieuse de développement. Il reste à trouver les locaux.