Deuxième Forum arménien sur la démocratie

Société
02.06.2023

Le président de la RA Vahagn Khachaturyan et le Premier ministre Nikol Pashinyan ont participé le 31 mai au deuxième Forum arménien sur la démocratie.

 

 « Il n'y a pas de menace interne à la démocratie en République d'Arménie […] La démocratie est la marque principale de l'Arménie, c'est notre conviction et notre stratégie ». La dernière intervention publique du Premier ministre quelques heures avant de son départ pour Chisinau, lui aura permis de s'exprimer sur un sujet qu'il affectionne particulièrement et de se parer de ses atours favoris, non démérités d'ailleurs, ceux du garant d'une exception régionale : « en Arménie, l'Internet est libre, la presse est libre, les élections sont libres Toutes les menaces possibles contre la démocratie de la République d'Arménie sont externes, et ces menaces sont, bien entendu, bien connues et visibles de tous ».

Organisé par les ONG américaine "Freedom House" et arménienne "Union of Informed Citizens", le deuxième Forum arménien sur la démocratie a réuni le 31 mai à Erevan quelques 190 représentants des autorités exécutives et législatives d'Arménie, mais aussi du corps diplomatique, dont l'ambassadrice de France, Anne Louyot, et de la société civile.

« Ce n'est un secret pour personne qu'en présence des défis extérieurs de notre pays liés notamment au problème du Karabakh, la démocratie a été subordonnée aux questions de sécurité pendant des années. Au plus haut niveau, la mise en place d'institutions démocratiques a été ignorée et on a tenté de la présenter comme une menace. Je tiens à souligner qu'une telle opposition est non seulement infondée, mais qu'au contraire, la démocratie est l'une des premières garanties de la solidité et du renforcement de l'État » a déclaré le président de la République Vahagn Khachaturyan dans son discours d'ouverture. Il a ensuite cédé la place au Premier ministre Nikol Pashinyan et aux autres débatteurs de la première table ronde consacrée au "développement démocratique en présence des défis de sécurité nationale" .

« Le manque de démocratie ou l'attitude envers la démocratie en Arménie pendant de nombreuses années a servi d'outil pour dissimuler la vérité sur la question du Haut-Karabakh» a estimé Nikol Pashinyan, sans davantage de clarification. « Pourquoi le gouvernement démocratique n'a-t-il pas pu éviter la guerre ? Parce qu'il a dû faire face à un volume de vérité lié à la question du Karabakh indigeste pour le gouvernement précèdent et encore plus pour le public. […] La démocratie peut-elle assurer la sécurité ? C'est une question à laquelle nous pensons que la réponse est oui, mais qui reste encore à prouver. J'espère, et je suis en quelque sorte sûr, que nous pourrons donner une réponse positive à cette question ».

Michael Abramovitz, présent lui aussi à Erevan a remercié le président et le premier ministre d'Arménie pour leur participation à l'événement et noté que bien que la démocratie recule dans le monde, l'Arménie est une agréable exception à cet égard.

Lui emboîtant le pas, l'ambassadrice Andrea Wiktorin, chef du bureau de l'Union européenne en Arménie, a voulu souligner qu'en choisissant la voie de la démocratie, l'Arménie avait aussi opté pour les droits de l'homme et la protection de leurs droits. Reconnaissant toute la valeur de ces choix dans les circonstances actuelles, elle a une nouvelle fois son soutien à l'Arménie : « Compte tenu de la situation sécuritaire difficile dans laquelle se trouve l'Arménie, il est nécessaire que la population ici soit résiliente, et nous soutenons les régions où nous voyons des problèmes de sécurité », a-t-elle déclaré.

Plusieurs autres discussions se sont succédées au cours de ce forum dont un exposé par le ministre des Finances de la RA Vahe Hovhannisyan sur la promotion des efforts de lutte contre la corruption. Reconnaissant  la nécessité d'accroître la participation de la société civile à la prise de décision dans le domaine des finances publiques, le président du comité anti-corruption, Sasun Khachatyan, a également déclaré dans la même discussion que la lutte anti-corruption en Arménie reposait sur des bases institutionnelles et un programme gouvernemental dont le ministère des Finances commencera à évaluer la rentabilité dans un avenir proche.