Pashinyan : « Il est inutile de chercher à prouver à l’Azerbaïdjan l’origine arménienne de Gandzasar »
Le Premier ministre arménien Nikol Pashinyan a réagi aux déclarations du responsable azerbaïdjanais Hikmet Hajiyev concernant le monastère de Gandzasar, estimant que la position arménienne sur son origine avait déjà été établie par le Matenadaran. Il a toutefois appelé à préserver le processus de paix entre Erevan et Bakou.
« Je considère qu’il est inutile de poursuivre la discussion sur ce sujet », a déclaré Nikol Pashinyan le 16 septembre au Parlement, lors de l’heure des questions au gouvernement.
Le Premier ministre faisait référence aux déclarations de Hikmet Hajiyev, assistant du président azerbaïdjanais, qui avait présenté Gandzasar et Dadivank, lors d’une visite organisée pour des représentants du corps diplomatique accrédité en Azerbaïdjan, comme faisant partie du patrimoine chrétien de l’ancienne Albanie du Caucase.
Selon Nikol Pashinyan, lorsqu’il est question de déterminer l’origine d’un manuscrit ou d’un complexe monastique mentionné dans un document historique, il convient de se référer aux sources primaires. L’Arménie l’a fait, a-t-il souligné, par l’intermédiaire du directeur du Matenadaran, Ara Khzmalyan, qu’il a présenté comme « le responsable le plus compétent » sur cette question.
Le Premier ministre a cependant estimé qu’il n’était pas nécessaire de chercher à convaincre l’Azerbaïdjan de l’origine arménienne de Gandzasar.
« C’est une tâche impossible, mais cela n’a rien changé pour nous, ne change rien et ne changera rien », a déclaré M. Pashinyan.
Le Matenadaran répond aux déclarations de Hajiyev
Les déclarations du Premier ministre interviennent après la réaction du directeur du Matenadaran aux propos tenus par Hikmet Hajiyev lors de la visite de diplomates à Gandzasar.
Le responsable azerbaïdjanais avait notamment montré aux visiteurs des reproductions de manuscrits conservées dans le musée du complexe monastique et attiré leur attention sur leurs pages non reproduites, présentées comme des pages blanches.
Ara Khzmalyan a expliqué que ces documents n’étaient pas des manuscrits originaux, mais des reproductions réalisées pour être exposées au public. Aucun manuscrit original n’a été transféré à Gandzasar, en raison notamment de l’absence de conditions adéquates de sécurité et de conservation. Les originaux sont conservés au Matenadaran à Erevan.
« Le Matenadaran est prêt à les montrer à tout diplomate ou ambassadeur qui aurait le moindre doute quant à leur authenticité », a déclaré son directeur.
Le Matenadaran précise également que les reproductions avaient été conçues pour présenter au public les pages les plus importantes ou les plus richement illustrées des manuscrits, tandis que les autres pages n’avaient pas vocation à être reproduites intégralement.
Pashinyan appelle à préserver le processus de paix
Nikol Pashinyan a par ailleurs qualifié les déclarations du responsable azerbaïdjanais d’« inacceptables et incompréhensibles », tout en estimant qu’elles ne devaient pas remettre en cause les efforts visant à préserver la paix entre les deux pays.
« La paix est une valeur pour l’Arménie comme pour l’Azerbaïdjan et nous devons la préserver avec soin », a-t-il déclaré, rappelant sa position exprimée le 8 août 2025.
La controverse autour de Gandzasar intervient après la visite, le 12 septembre, de représentants du corps diplomatique accrédité en Azerbaïdjan à Gandzasar et Dadivank, organisée par Hikmet Hajiyev. Parmi les participants figurait Magdalena Grono, représentante spéciale de l’Union européenne pour le Caucase du Sud.
La visite de Mme Grono avait été suivie d’une étape à Erevan, où elle s’est notamment rendue au Matenadaran le 14 septembre. L’institution indique lui avoir présenté des manuscrits originaux ainsi que les reproductions qui avaient été exposées à Gandzasar, en précisant que les originaux n’y avaient jamais été présentés.