Ouverture de la mine d’Amulsar, aux portes de la station thermale de Jermuk

Ce samedi ne fut pas uniquement un jour de célébration à l’occasion de l’anniversaire d’Erevan-Erebouni en Arménie, mais aussi le lancement du projet controversé de mine d’Amulsar, aux portes de la station thermale de Jermuk.

 

La mine est située à la frontière des régions de Vayots Dzor et de Syunik, sur un tunnel qui alimente le Lac Sevan en eau. L’exploitation était prévue depuis le début des années 2000 mais avait été mise en pause à la suite de la Révolution de velours de 2018 et de mobilisation populaire. 

 

Un mouvement d’opposition, pour raisons environnementales et sociales, a émergé en 2012, mettant notamment en avant les risques de destruction irréversible de l’écosystème environnant notamment affectant l’espèce en danger du léopard du Caucase, de pollution des sources de la station thermale de Jermuk et du Lac Sevan du fait de l’utilisation de cyanide pour extraire l’or et l’expulsion des villages alentour.

 

L’absence de manifestations aux abords du site lors de l’ouverture est vue comme une preuve de la résolution de ces enjeux par le Premier ministre, et comme le résultat d’une absence d’information sur la cérémonie d’ouverture par les concernés, qui ont découvert par hasard l’évènement le jour même. 

 

Lors de la fonte du premier lingot, le Premier ministre a dit «les ressources minérales transformées en or devant nos yeux aujourd’hui appartiennent à la République d’Arménie et sont la propriété de son peuple». 

 

Les droits d’exploitation des réserves approuvées du gisement (or, argent, minerai), sont détenus par l’entreprise Lydian Armenia, l’entreprise est elle-même détenue à 87,5% par l’entreprise internationale United, le reste de 12,5% appartenant au Gouvernement arménien. Lydia Armenia était à l’origine nommée GeoTeam, filiale de Lydian International, entreprise américano-britannique. En 2020, l’entreprise s’est retirée de la bourse canadienne Toronto Stock Exchange.

 

En plus de la mobilisation populaire et du blocage du site, l’exploitation avait été empêchée par l’échec d’un financement de la Banque Eurasiatique (fondée par la Russie et le Kazakhstan) en 2023. S’en est suivi un changement de mode de financement, avec un prêt de banques arméniennes garanti par le gouvernement à hauteur de 150 millions de dollars, qui fut contesté devant les tribunaux par les associations et des riverains en 2025. 

 

Ces obstacles ont été soulignés, lors de la cérémonie d’ouverture, le ministre de l’économie, Gevorg Papoyan,qui s’est dit «convaincu»  quant à la création de «milliers d’emplois directs et indirects » et de la croissance économique qu’il prévoit découler du projet. 

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