Sommet Raïsi - Poutine et Erdogan à Téhéran sur la Syrie, le Caucase en filigrane

Actualité
20.07.2022

Les présidents iranien, turc et russe se sont retrouvés à Téhéran, hier, mardi 19 juillet, pour la septième session du "Sommet des États garants du processus d'Astana", censé depuis 2017 ouvrir la voie à un règlement politique de la guerre civile en Syrie. Lors d'entretiens séparés, les trois dirigeants ont aussi évoqué celui des problématiques régionales dans le Sud-Caucase.

Par Olivier Merlet

En marge du sommet proprement dit, le guide suprême de la Révolution islamique, l’ayatollah Ali Khamenei, a également reçu séparément dans la journée les dirigeants d'Ankara et de Moscou, Recep Tayip Erdogan et Vladimir Poutine. Mettant en garde le premier contre d'éventuelles actions militaires dans le nord de la Syrie, il a surtout fait part au deuxième de son soutien au renforcement de la coopération entre l'Iran et la Russie, jugé « nécessaire et dans l'intérêt des deux pays », en particulier face aux sanctions occidentales dont tous les deux font l'objet.

Ali Khamenei a par ailleurs évoqué la situation régionale dans le Sud-Caucase. À quelques heures d'intervalle, il a successivement rappelé à ses deux hôtes que la République islamique ne tolérerait jamais les politiques qui conduisent à la fermeture des frontières entre l'Iran et l'Arménie.

Au président turc, le message était plus clair encore : « s'il y a une politique de blocage de la frontière entre l'Iran et l'Arménie, la République islamique s'y opposera car cette frontière est une voie de communication qui existe depuis des milliers d'années ». Le guide suprême venait toutefois d'« exprimer sa satisfaction quant au retour du Haut-Karabakh à la République d’Azerbaïdjan », rapporte l'agence iranienne IRNA.

Du Karabakh, il en a été également question au cours d'un entretien particulier entre Recep Tayip Erdogan et Vladimir Poutine dont les services de presse rapportent ces propos : « Bien sûr, nous avons beaucoup de problèmes avec le règlement syrien. Mais des projets bilatéraux prometteurs à grande échelle progressent également. Une autre grande question - le règlement du problème du Karabakh - est au centre de notre attention », Vladimir Poutine faisant par ailleurs mention de sa récente rencontre avec Ilham Aliyev lors du sommet de la Caspienne.

À l'issue de leur rencontre de Téhéran, les trois présidents iranien, turc et russe ont signé une déclaration commune sur la Syrie, réaffirmant leur détermination à poursuivre leur coopération continue et leur conviction qu'il ne pourrait exister de solution militaire mais seulement politique au conflit, « par le biais de celle dirigée et détenue par les Syriens ». Ebrahim Raïsi, Vladimir Poutine et Recep Tayyip Erdogan ont enfin confirmé leur intention de renforcer la coordination trilatérale dans différents domaines « afin de promouvoir une coopération politique et économique commune ».