AREV prépare de futurs experts arméniens en énergies renouvelables

EDITO DU MOIS
11.04.2022

AREV, "le soleil" en arménien, est un nouveau programme de formation aux technologies et à l'ingénierie initié par la Fondation humanitaire suisse KASA depuis ce mois de février.

Par Ani Paitjan

AREV et les énergies renouvelables

« Le programme AREV assure une éducation technologique qui manque dans le cursus universitaire polytechnique en Arménie. L’enseignement en ingénierie est de type théorique dans les études supérieures, de sorte que la dimension pratique est quasiment, sinon totalement occultée, » explique Smbat Avetyan, responsable arménien de la formation, sous la supervision de Hagop Ajamian.

Le programme propose plusieurs formations courtes, d’une semaine, et longues, de cinq, selon un système de modules inspiré du Lycée de la Martinière à Lyon où enseigne précisément Hagop Ajamian.

« Nous offrons une formation technologique, avec moins de formules théoriques et plus d’exercices pratiques. Le participant a la possibilité de travailler concrètement avec du matériel mis à sa disposition, il peut ainsi s’impliquer, comprendre les algorithmes, les composants du système en général, le fonctionnement simultané des différents composants… Un module dure une semaine autour d’un thème particulier, tel que le fonctionnement et l’installation de stations photovoltaïques. Une fois le module complété, nous passons au suivant, le système hydroélectrique, par exemple » poursuit Smbat. 

Pallier des lacunes universitaires

AREV cible un public assez large. Des formations sont offertes à des adultes qui ne bénéficient pas forcément d’une préparation antérieure aux ressources énergétiques, aux élèves de collèges techniques, aux professeurs de ces collèges et aux travailleurs des entreprises. 

Douze personnes avec des parcours professionnels fort variés participent au programme depuis son lancement. Parmi eux, il y a Radik Sargsyan, 29 ans et diplômé du Département Électrisation et automatisation à l'université Agricole nationale. Radik a décidé de se lancer dans l’aventure à cause du manque de pratique dans son université. 

« Nous avons de très bons professeurs mais tout est enseigné sur un tableau noir et avec une craie. Je n’ai même pas essayé de postuler dans des entreprises car je savais pertinemment qu’on exigerait de moi une expérience pratique. Ce programme va combler la partie pratique qui manque à mon cursus », explique Radik.

Depuis le début du programme, les participants ont vu en détail le montage électrique des habitations, l’installation de la technologie des chauffe-eaux. Le prochain module concernera les principes de fonctionnement des stations photovoltaïques.

Assurer des emplois

À l'issue de leur formation, les participants qui termineront avec succès la formation deviendront électriciens, monteurs, experts en installations d'énergies renouvelables et pourront bénéficier de stages rémunérés auprès des entreprises du secteur privé partenaires de Kasa et pourront y réaliser des installations sous contrôle. L’équipe de formation assurera leur suivi sous forme d’un tutorat jusqu’à leur insertion professionnelle. 

Pour Smbat et Radik, la formation AREV est indispensable, voire cruciale pour l’Arménie dont l'une des ambitions affichées vise l'auto-suffisance sur le plan énergétique.

« Nous avons besoin d’experts pour être autonomes dans le domaine de l'énergie. Pour moi, c’est une grosse gifle quand on entend parler du fait qu’il faut amener des experts d’un autre pays en Arménie pour installer des panneaux solaires ou d'autres types d'installations énergétiques. Cela veut dire que nous n’avons pas de personnes compétentes en Arménie pour pouvoir mener à bien ce genre de projets, alors que durant la période soviétique, l'Arménie et ses experts étaient considérés comme les leaders dans toute la région, » ajoute Smbat avec passion. 

« Le secteur des énergies renouvelables est en train de se développer ici et ce serait dommage de ne pas saisir l’occasion. Je ne veux pas être forcé de quitter l’Arménie parce que je n’y trouve pas un travail décent. Je veux contribuer au bon épanouissement de mon pays », complète Radik. 

Bref un projet d’avenir pour une Arménie plus forte et indépendante !