Les visages de la francophonie : les 25 ans de l’Association Arménienne des Enseignants de Français

Arménie francophone
20.03.2026

La francophonie ne peut se développer sans enseignement, et l’Arménie a pu rejoindre la Francophonie en 2012, car elle avait déjà pris racine dans le travail de longue haleine de l’Association Arménienne des Enseignants de Français (AAEF) qui fêtait ses 25 ans lundi le 16 mars. L’association, fondée et dirigée par Suzanne Gharamyan, a invité le Centre Régional Francophone pour l'Europe Centrale et Orientale (CREFECO) à célébrer ses 20 ans avec elle, occasion de rassembler la francophonie enseignante du pays et de la région, pour se réjouir du travail accompli et des opportunités que le futur lui réserve.

 

Par Camille Ramecourt

 

L’Arménie en action pour la Francophonie

Après le lancement du Festival du cinéma francophone et son parterre francophile le 14 mars, c’est un parterre francophone que le Cinéma Moscou a accueilli à l’occasion du 25e anniversaire de l’Association arménienne des enseignants de français (l’AAEF) ce lundi 16 mars 2026. 

Cette réunion était la consécration du travail des acteurs de la francophonie en Arménie, comme le fut l’adhésion à l’OIF en 2012, et comme le seront les Jeux de la Francophonie d’Erevan de 2027. Ce fut aussi la preuve que le travail acharné, dans ce domaine, paye. Pour l’occasion, étaient présents Eric De Muynck, ambassadeur de Belgique, Julie Fort, chargée d’affaires de l’ambassade de France, Araksia Sevadjian, vice-ministre de l’éducation de la science, du sport et de la culture de la République d’Arménie, ainsi que Dr. Cynthia Eid, la présidente de la Fédération Internationale des Professeurs de Français (FIPF) à laquelle l’AAEF est affiliée depuis 2001.

Le CREFECO (Centre régional francophone de l’Europe centrale et orientale), fondé il y a 20 ans et basé à Sofia, en Bulgarie, y a fêté son anniversaire une première fois à Sofia en octobre 2025, puis à nouveau avec l’AAEF cette semaine. Double anniversaire, qui confirme que l’Arménie est devenue un nouveau point d’ancrage de la francophonie pédagogique dans la région. Emmanuel SAMSON, responsable du CREFECO, a rappelé dans son discours que l’organisation s’inscrit dans l’action de l’OIF, et que leurs priorités sont les mêmes : renforcer la formation initiale et continue des enseignants, assurer la transformation numérique de l’éducation, proposer une pédagogie innovante et inclusive, et garantir que, chaque enseignant, où qu’il se trouve, puisse accéder à des ressources, et à une communauté vivante “car la francophonie éducative c’est avant tout une communauté d’apprentissage et de valeurs. La francophonie n'est pas une idée abstraite, ce sont des dispositifs et ce sont des communautés, comme votre association [l’AAEF]. Elle vit à travers elles, à travers des femmes, des hommes, qui enseignent, transmettent, qui croient au pouvoir du mot juste et à l’intelligence collective.”

 

La communauté de la Francophonie pour l’enseignement en Arménie

La Francophonie agit à plusieurs niveaux en Arménie. La FIPF vient accompagner les professeurs dans leur mission, et Cynthia Eid, en plus de célébrer leur travail, leur a offert des ressources, comme le Livre blanc de la FIPF, pour les soutenir et renforcer l’attractivité de l’enseignement du français. 

Julie Fort a loué le dynamisme de l’AAEF, qui “organise depuis sa genèse des formations pédagogiques visant à améliorer la qualité de l’enseignement du français” dans le pays. Elle a également présenté l’engagement de l’ambassade dans les réformes entreprises par le ministère de l’éducation pour l’enseignement des langues, comprenant notamment la formation d’un réseau national pérenne de formateurs de français. La France s’est aussi impliquée pour faire face au déficit de rédacteurs arméniens de manuels en langue française, qui puissent suivre les élèves tout au long des 10 niveaux concernés, et suivre aussi, le processus de modernisation du système éducatif.

Les acteurs de la francophonie ont également travaillé avec les acteurs publics arméniens dans la mise en place de classes de français renforcé dans 24 établissements du pays, projet sur le temps long, explique Emmanuel Samson, impliquant notamment le CREFECO et l’AAEF. 

Nous souhaitons continuer à enseigner ensemble le français pour que tout élève trouve dans cette langue un espace de liberté de présent et de futur”, dit-il.

Une coopération témoignant de la volonté arménienne de grandir en français, et aussi des différentes facettes qu’offre la francophonie sur le terrain.

 

La francophonie plurielle, conjuguée selon les acteurs et les actions

Les invités et les organisations représentées à cet anniversaire témoignent de la vivacité de la francophonie dans le pays : le français a le vent en poupe en Arménie. Et le dynamisme apporte des résultats multiformes, comme Cynthia Eid l’illustra dans sa conférence, décrivant la francophonie comme une “expérience plurielle”.

Le français, désormais 4e langue la plus parlée au monde, 2e langue la plus apprise et 3e langue de l’économie et des affaires, connecte au monde. L’Arménie étant dans une dynamique d’élargissement de ses relations extérieures, l’intérêt croissant pour l’apprentissage du français prend tout son sens, tout particulièrement avec l’aspect multipolaire de la Francophonie. Cette diversité francophone concerne la géographie, mais aussi les évènements où résonne le français :

On espère que la jeunesse arménienne puisse communiquer en français avec tout l’espace francophone”, détaillait Emmanuel Samson, en donnant l’exemple des Jeux de la Francophonie de 2027. 

L’ambassadeur de Belgique a présenté également le “rôle de transmission du français” que le royaume cherche à avoir dans le pays, sa collaboration avec l’Institut français, notamment dans le cadre du festival du cinéma francophone, qui en plus de production française présente des films belges, suisses et canadiens, qu’il invite le public à aller voir pour entendre du français “avec une pointe d’accent”. 

La célébration de l’AAEF s’est achevée par un concert de Benjamin Piat, chanteur compositeur-interprète qui, parmi ses nombreuses interprétations,  a également chanté l'hymne de la Francophonie, écrit à l'occasion de la Journée internationale des professeurs de français du 20 novembre 2025 dont il avait eu l'honneur d'être le parrain. Nouvelle preuve de la diversité des formes que la Francophonie adopte, et ce grâce à l’engagement remarquable d’un corps professoral “ non seulement pour transmettre une langue, mais aussi pour transmettre tout ce qui va avec, la culture, les liens avec d’autres pays (...) ; tous les pays qui ont le français en partage”, dit très justement SE Eric De Muynck, remerciant tous les enseignants de français.