Ténor de la charité

Diasporas
07.12.2023

Le ténor franco-arménien Rouben Elbakian a été décoré, le 1er décembre à Paris, de la médaille d’or de la Ligue universelle du Bien public.

Par Olivier Merlet

 

Officiellement créée en 1962, la Ligue universelle du Bien public association caritative dédiée à la « sauvegarde de la dignité humaine, la protection de la famille, l'aide à l'enfance, et la lutte contre la misère » décerne chaque année ses distinctions à des personnalités internationales reconnues pour leur caractère universel dans la promotion du Bien Public. Elle perpétue en fait le nom historique et symbolique de la Ligue du Bien public la coalition des grands vassaux du roi de France, menée par Charles le Téméraire en 1465 pour lutter contre la politique autoritaire de Louis XI… John Fitzgerald Kennedy, Louis Armstrong, l'Abbé Pierre, Pr Christian Cabrol figurent parmi ses illustres décorés.

Pour Rouben Elbakian, Il s'agissait en fait de sa deuxième médaille d’or décernée pour des actions de bienfaisance. La première lui avait été décernée en 2021 par le sénat français, celle du Grand prix humanitaire de France. Le 1er décembre, la cérémonie se déroulait dans le salon Valmy, à l'état-major de la garde républicaine.

Baptisé " La Voix d'Or " par la presse spécialisée, ce remarquable ténor se distingue également pour son indéniable charisme scénique.  « Dès l'âge de 5 ans», raconte sa biographie, « la musicalité de sa voix attire l'attention ». A 7 ans, il entre comme soliste  dans le chœur  philharmonique des jeunes d'Erevan où il reçoit le surnom de "Petit Caruso". Admis au Conservatoire national supérieur d'Erévan, dans la classe de la célèbre cantatrice arménienne, Gohar Gasparyan, il est lauréat du concours vocal national "Bel canto" et participe en 1997 au festival international de Moscou " Sérénade d'automne". L'opéra national d'Arménie lui a confié d'importants rôles de ténor, celui de Lensky dans Eugène Onéguine, Alfred, dans la Traviata ou Nemorino dans L'élixir d'amour. Rouben Elbakian réside en France depuis 1998 où il mène sa carrière.

Classé parmi les 57 Arméniens les plus célèbres dans le monde par le prestigieux journal Luxury magazine, Rouben Elbakian est également connu pour sa grenade générosité. Il s'est produit dans de nombreux récitals de bienfaisance dont celui donné à l’opéra national d’Arménie au profit de la fondation Vladimir Spivakov. En France, il a chanté pour la Fondation Abbé Pierre à l'église de la Trinité à Paris et à celle de la Madeleine pour le "Secours catholique".

Lors de son discours de remerciement pour cette nouvelle distinction, le tenor s'est lance dans une puissante "Marseillaise" avant d'attirer l’attention des autres nominés et des convives présents sur la réalité actuelle de sa patrie, l'Arménie et formulé le souhait d'une prochaine tournée de bienfaisance « au bénéfice des habitants d’Artsakh déracinés de leur terre ancestrale ».