Le tourisme post-Covid sera plus divers, plus coloré et plus équitable!

EDITO DU MOIS
30.06.2020

Les fondateurs de KASA avaient commencé par découvrir l’Arménie en tant que touristes, en 1997. Une fois KASA créée, le développement du tourisme est devenu l’un des domaines stratégiques de son activité pour plusieurs raisons: le désir de faire découvrir l’Arménie authentique, la volonté de promouvoir un tourisme plus équitable et respectueux de l’homme et de la nature, le souhait de participer à l’amélioration de la qualité de l’offre touristique ainsi qu’à la réduction du chômage en Arménie. En 2020, la pandémie de Covid-19 a annulé tout plan de voyage international pour une période encore indéfinie, mais elle a également obligé à réinventer de nouvelles approches et de nouvelles manières de voyager “chez soi”.

Avec Azniv Aslikian, responsable de tourisme à KASA

“En 2020, c’est le virus qui a décidé de voyager”

Nous nous étions très bien préparés à la saison touristique de 2020, d’autant que la fondation d’une SARL touristique en 2019 nous offrait la possibilité d’étendre notre activité dans ce domaine. Nous avions participé à un salon de tourisme à Genève, entamé de nouvelles collaborations dans le monde francophone au-delà de la France et de la Suisse (notamment avec une plate-forme québécoise), élaboré de nouvelles offres thématiques.... Mais cette année, c’est le virus qui a décidé de voyager. Heureusement pour le moment, 80% de nos voyageurs ont juste reporté leurs visites pour 2021 et seuls 20% hésitent encore entre la peur et le désir de découvrir de nouveaux horizons.

“Il n’y a pas de tourisme durable sans tourisme interne”

Les Arméniens disent: “Pas de malheur sans bonheur”, et la pandémie est devenue l’occasion pour tous les acteurs du tourisme de s'arrêter pour repenser leur activité. D’une part, il nous est devenu clair que nous ne pouvons pas nous limiter à un tourisme externe. D’autre part, il est impossible d’envisager un tourisme durable, sans qu’un tourisme interne se développe: il faut que la population locale connaisse au préalable son pays et en valorise les richesses pour vouloir en prendre soin et transmettre l’amour de sa patrie aux étrangers.

“Grâce” au confinement, une importante valorisation de l’Arménie est actuellement en cours. Je suis fière de mes collègues les guides arméniens, qui, malgré la situation financière difficile (ils ont  certes bénéficié d’aides du gouvernement mais celles-ci sont réduites, malgré les efforts des autorités pour minimiser les pertes), utilisent cette halte forcée pour explorer plus profondément les ressources de l’Arménie et ce qu’elle peut offrir aux voyageurs durant et après la pandémie.

Je pense donc qu’en général le tourisme d’après-coronavirus sera plus divers, plus coloré, plus exaltant et plus équitable. Et le tourisme interne y occupera une place de choix, car l’approche actuelle, qui consiste à vouloir découvrir des contrées étrangères sans connaître les trésors de son propre pays évoluera. L’impulsion est donnée, même si la population manque de moyens financiers: je vois quotidiennement sur les réseaux des personnes qui demandent où passer le week-end sans devoir recourir à des services payants...

“Au milieu de l’abondance des offres, KASA tente de marquer sa place”

Ce n’est qu’en 2019, à la suite de la création de la SARL, que nous avons fait nos premiers pas fort  discrets dans le tourisme interne, en nous basant notamment sur l’activité de nos maisons d'hôtes. Cette année, compte tenu du fait que la population peut voyager exclusivement à l’intérieur du pays, le marché arménien propose une offre d’autant plus abondante qu’il ne peut pas accueillir de touristes externes. 

KASA s’y profile en élaborant et adaptant ses programmes aux conditions dictées par la situation épidémique. Ainsi, nous organisons des randonnées à pied et à vélo au cœur des paysages arméniens, qui permettent de combler le besoin de sortir de chez soi tout en respectant l’impératif de la distanciation sociale. Le fait d’intégrer dans ces circuits la visite accompagnée d’un site historique/culturel permet d’une part de se ressourcer l'âme, d’autre part d’offrir en ces temps difficiles une possibilité de travail rémunéré aux participants de notre formation de guides touristiques (à noter que nos formations sont actuellement suspendues car nous voulons en priorité soutenir les guides qui viennent de terminer leur parcours).

Géographiquement parlant, nous ciblons principalement la région de Chirak (avec nuitée) - que nous connaissons bien, vu la présence de notre centre d’accueil à Gumri - mais proposons également des randonnées dans les alentours d’Erevan. Et nous pensons particulièrement aux représentations diplomatiques et aux organisations internationales basées en Arménie, dont les collaborateurs n’ont pas la possibilité de voyager hors d’Arménie, au moins dans un futur proche, ainsi qu’à diverses équipes professionnelles. Ce d’autant que,) compte tenu de nos compétences reconnues dans le domaine, nous pouvons également leur proposer des prestations professionnelles (formations, team-building, etc).

J’aimerais préciser que les circuits  et les services que nous proposons n’assurent pas de réels revenus à la Fondation; notre principal  objectif est de rester présent dans un domaine  essentiel et de promouvoir un tourisme équitable et durable en Arménie. Dans cette optique nous collaborons avec des associations de recyclage locales afin de réduire au maximum les déchets durant les visites comme dans nos maisons d'hôtes, et nous sensibilisons continuellement à ce sujet ceux et celles qui voyagent avec KASA.

Le tourisme interne est un domaine où nous avions du potentiel jusque-là inexploré. Je m’en réjouis que nous commencions à l’exploiter peu à peu!

 

* Pour des détails concernant les circuits de KASA, écrivez à l’adresse kasaam@kasa.am.