Voir au-delà des zéros après la visite de JD Vance en Arménie

Opinions
16.02.2026

Lire entre les lignes de zéros annoncés, après les montants astronomiques évoqués lors de cette visite d'État, relève du défi.

 

Par Régis Danielian

La visite historique de J D Vance, première personnalité de ce rang à se rendre en Arménie et même dans le Sud-Caucase, fait beaucoup parler ces derniers jours. A raison: les dernières nouvelles comportent tant d’annonces à tiroir que les conséquences peuvent donner le tournis.

Les spécialistes de géopolitique analysent encore chaque phrase et chaque action du vice-président américain, mais nous nous concentrerons ici sur deux points en particulier: le plan d’investissement de 4 milliards de dollars par le biais de la société Firebird dans des superordinateurs équipés de puces NVIDIA, avec l’aval du gouvernement américain, tant le sujet reste sensible, et l’acquisition de drones d’observation militaire américains.

 

Le savoir-faire arménien en informatique attire les capitaux et les technologies les plus récentes et pointues depuis un certain temps. Et cela continue, preuve en est l’investissement de 4 milliards de dollars pour acquérir les meilleures puces NVIDIA, et construire un des Supercalculateurs les plus puissants au monde en Arménie.

 

L’exportation des puces NVIDIA GB300 devient tellement sensible (41 000 quand même !) qu’elle requiert l’aval du gouvernement américain. Composants presque considérés comme une arme tant l’IA (Intelligence Artificielle) révolutionne la donne technologique. Seuls cinq pays rassemblent autant de puces NVIDIA, l’Arménie devient ainsi une place qui compte sur l'échiquier mondial des supercalculateurs et centres de données, apportant une preuve de confiance de la part des leaders technologiques et politiques occidentaux envers le pays.

Bon nombre d’entreprises et d'universités utilisent ces centres de calcul afin de réaliser des simulations numériques complexes, améliorer le fonctionnement des IA, stocker des données de manière souveraine, etc., devenant une nécessité industrielle incontournable. A condition de bien l'utiliser, l’Arménie pourrait en tirer des bénéfices considérables.

Finissons avec le “fin du fin” dans le domaine des drones de renseignement et d’observation militaire, les Shield AI MQ-35 V-BAT, selon la nomenclature en vigueur. Pour un montant de 11 millions de dollars, ces drones d’observation multispectrale (visible et infrarouge) donneront une meilleure vision d’ensemble à l’Arménie, potentiellement jusqu’à une centaine de km au-delà des limites de son territoire.

Rares sont les autres forces militaires à pouvoir se servir de ce drone très endurant (13h d’autonomie à environ 100 km/h), les Américains bien sûr, sinon uniquement les Grecques, les Néerlandais, les Brésiliens, les Japonais et Indonésiens peuvent s’enorgueillir de l’utiliser.

Aucune communication quant au nombre de drones acquis, mais avec un prix unitaire compris entre 500 000 et un million de dollars selon les configurations, on peut déduire la flotte à une bonne dizaine d’appareils. Ces contrats vont toujours de pair avec des formations, partage de renseignements, et de potentiels transferts de technologies; l’acquisition de tels équipements permettra un rééquilibrage certain des forces dans le Caucase, allant de pair avec les achats récents de matériels indien et français.

A voir quand et comment ces projets se réaliseront concrètement, mais ils laissent entrevoir de belles perspectives.