Semaine de l'Énergie : Gnel Sanosyan, ministre en charge, précise les orientations du gouvernement

Société
29.11.2023

Une trentaine d'experts interviennent cette semaine dans le cadre de la "Semaine de l'énergie 2023" pour envisager les solutions qui permettraient à l'Arménie de réduire sa dépendance énergétique.

Par Olivier Merlet

 

Organisée par Le Fonds arménien pour les Énergies renouvelables et les économies d'énergie (R2E2) et l'agence américaine d'aide au développement (USAID), la "Semaine de l'énergie 2023" s'est ouverte hier mardi à Erevan et se poursuivra jusqu'au 2 décembre à Tsaghkadzor et Dilijan pour s'achever à Gyumri samedi prochain. Dédiée aux défis et aux perspectives de développement du secteur de l'énergie, elle réunit plus de 300 acteurs publics et privés, des intervenants de la société civile ainsi que différents organismes donateurs.

« 70 pour cent du système énergétique arménien dépend de ressources importées d'autres pays », a constaté le responsable de l'USAID en Arménie, John Allelo, lors de l'ouverture de la conférence: Il a par ailleurs souligné que « la souveraineté de tout pays est renforcée par son indépendance énergétique ». La situation n'est pas nouvelle. En Arménie, comme dans de nombreux pays dans le monde, à commencer par ceux d'Europe, la "suffisance" énergétique nationale repose souvent exclusivement sur les importations. Pour l'Arménie toutefois, le problème est double. Pour des raisons historiques, puis politiques ces vingt-cinq dernières années, approvisionnements et distribution étaient encore soumis à un puissant monopole responsable de nombreux freins en termes de développement économique.

Gnel Sanosyan, ministre de l'Énergie et des Ressources minérales et premier intervenant de cette "Semaine de l'Energie" a présenté les orientations de son cabinet et du gouvernement pour se libérer de ces entraves à l'horizon 2040. Deux directions principales ont été retenues : le développement des énergies renouvelables et la réalisation du programme nucléaire 2026-2036. Ce dernier volet, nous en parlions dans nos éditions précédentes, comprend l'extension de la centrale existante de Metsamor et la construction de nouvelles unités qui devraient en prendre le relais à sa fermeture fixée pour 2036 après avoir été maintes fois reportée.

Les énergies vertes et renouvelables constituent le grand défi énergétique que l'Arménie entend relever ces prochaines années, encouragée en cela par des conditions climatiques propices. « L'énergie solaire en Arménie connaît un grand développement, nous avons donc cherché à utiliser le potentiel important dont bénéficie notre pays », a déclaré Gnel Sanosyan. « L’augmentation significative du nombre de centrales solaires prouve que nous dépasserons les objectifs fixés par la stratégie de développement énergétique, c’est-à-dire qu'elles atteindront 15 pour cent de notre bilan énergétique en 2030 ».

Le ministre a par ailleurs annoncé la construction de centrales solaires supplémentaire d'une capacité de capacité de 500 MWc* combinées à des centrales de stockage pour les années 2030-2040, ainsi que de petits parcs éoliens de puissance équivalente. « D'une manière générale, l'objectif primordial est d'augmenter la capacité totale des centrales solaires et éoliennes à 2 000 MWc d'ici 2040 ». Aux dires du ministre, la part de l'énergie produite par l'utilisation de ressources énergétiques renouvelables dans la consommation finale brute devrait être portée à 50 pour cent en 2030 et à 60 pour cent en 2040.

Rappelant enfin l'ouverture du marché de l'électricité au 1er février de cette année, Gnel Sanosyan a souligné l'opportunité désormais offerte aux consommateurs d'en profiter « dans des conditions concurrentielles en introduisant un mécanisme de tarification équitable, en leur donnant la possibilité de choisir un fournisseur et d'en changer ».

« Cette libéralisation a eu un impact positif sur le commerce transfrontalier », a encore précisé le ministre, assurant que le gouvernement cherchera « systématiquement à élargir la coopération régionale dans le domaine de l'électricité ». Il a rappelé à ce sujet les travaux de construction ou de rénovation et de modernisation des infrastructures énergétiques entrepris « à grande échelle pour la création de nouvelles capacités énergétiques ». Un projet de câble passant par le fond de la mer Noire est actuellement à l'étude qui permettra d'exporter de l'énergie verte vers les marchés régionaux, tout comme plusieurs lignes à haute tension en cours d'installation ente l'Arménie et l'Iran et d'Arménie en Géorgie.

 

Mwc* ; Un mégawatt-crête (MWc) correspond à 1 million de watts-crête. Le watt-crête est l’unité mesurant la puissance des panneaux photovoltaïques, correspondant à la production de 1 watt d’électricité dans des conditions normales pour 1000 watts d’intensité lumineuse par mètre carré à une température ambiante de 25°C.