
À l’occasion du mois consacré aux droits des femmes, l’Université française en Arménie (UFAR) a réuni des étudiantes et des professionnelles pour un temps d’échange sur les parcours de carrière et sur la place des femmes dans le monde économique. Organisée le 6 mars, la rencontre a permis à plusieurs dizaines d’étudiantes de dialoguer directement avec des dirigeantes et cadres issues de différents secteurs, dans l’objectif de partager des expériences, des conseils et des perspectives professionnelles.
Par Pablo Hello
À l’UFAR, une rencontre pour encourager les carrières féminines
À l’occasion du mois de mars, traditionnellement consacré aux droits des femmes et aux réflexions sur l’égalité professionnelle, l’Université française en Arménie (UFAR) a organisé, ce 6 mars, une rencontre entre étudiantes et professionnelles occupant des postes à responsabilité dans différents secteurs d’activité. Plus d’une cinquantaine d’étudiantes ont participé à cet événement, qui réunissait sept intervenantes venues partager leur expérience et répondre aux questions des participantes. Pensée comme un moment d’échanges directs et accessibles, la rencontre visait à ouvrir une discussion sur les parcours professionnels des femmes, leurs ambitions et les obstacles qu’elles peuvent encore rencontrer dans le monde du travail.
Un événement inscrit dans le mois des droits des femmes
La rencontre organisée par l’UFAR s’inscrit dans cette dynamique. Elle propose une approche à la fois symbolique et concrète : offrir un espace où les étudiantes peuvent dialoguer avec des femmes ayant déjà construit leur carrière et qui occupent aujourd’hui des fonctions de responsabilité dans différents secteurs économiques.
L’événement s’est ouvert par une prise de parole de l’ambassadeur de France en Arménie, Olivier Decottignies, venu saluer l’initiative de l’université. Il a rappelé l’engagement de la France en faveur de l’égalité entre les femmes et les hommes et a souligné l’importance des initiatives qui encouragent la participation des femmes à la vie économique et professionnelle. L’ambassadeur a également mis en avant la particularité de l’UFAR, dont la population étudiante est fortement féminisée, un élément qu’il considère comme un signe positif de l’évolution de l’enseignement supérieur et du marché du travail. Dans un trait d’humour, il a ajouté que « les études de productivité ne sont pas en faveur des hommes », avant de souhaiter de riches échanges entre les participantes.

De sa part, la Rectrice de l’UFAR, Salwa Nacouzi a insisté sur la nécessité d’encourager les jeunes femmes à oser postuler à des postes élevés et à ne pas s’autolimiter face à ce qui peut encore apparaître comme un plafond de verre dans certaines sphères professionnelles. Pour elle, il ne s’agit pas seulement de sensibiliser aux inégalités existantes, mais aussi de donner aux étudiantes les outils et la confiance nécessaires pour envisager leur avenir professionnel avec ambition. « L’objectif est de montrer concrètement aux étudiantes qu’il est possible de construire des trajectoires ambitieuses et d’accéder à des fonctions de responsabilité » , a-t-elle souligné en parlant de l’initiative du speed-dating
Un format d’échanges direct avec des professionnelles
Plutôt qu’une succession d’interventions formelles, l’université a choisi un format favorisant la discussion. L’événement s’est déroulé sous la forme de rencontres en petits groupes, proches du principe du speed dating. Les étudiantes pouvaient circuler entre différentes tables et engager des conversations directes avec chacune des intervenantes.
Cette formule a permis d’aborder une grande variété de sujets : les premières étapes de la vie professionnelle, les stratégies pour progresser dans une entreprise, les difficultés parfois rencontrées dans certains environnements de travail ou encore la manière de concilier ambition professionnelle et projets personnels.
Pour les étudiantes présentes, ces échanges représentaient une occasion rare de poser des questions concrètes à des professionnelles déjà établies dans leur domaine. Les discussions ont ainsi porté sur les choix d’orientation, les compétences les plus recherchées par les entreprises et les réalités du monde du travail en Arménie.
Des parcours pour inspirer la nouvelle génération
Au fil des conversations, les intervenantes ont partagé leurs propres trajectoires. Certaines ont évoqué les étapes qui les ont conduites à des postes de responsabilité, d’autres ont raconté les difficultés rencontrées et les moyens de les surmonter.
Pour Sosi Demirchyan, l’un des messages essentiels adressés aux étudiantes concerne la confiance en soi. Elle estime que les femmes ont parfois tendance à limiter leurs ambitions ou à renoncer trop tôt face aux obstacles. Selon elle, il est essentiel de rappeler aux jeunes générations qu’elles ne doivent pas se restreindre elles-mêmes et qu’elles ont toute leur place dans les postes à responsabilité.

Ces échanges ont également permis de rappeler que les carrières professionnelles se construisent progressivement, au fil d’expériences, d’opportunités et de choix personnels. Les intervenantes ont insisté sur l’importance de la persévérance et de la capacité à se projeter sur le long terme.
Le rôle du réseau construit à l’université
Un autre thème central des discussions concernait l’importance des réseaux professionnels. Zara Ohanyan a notamment insisté sur un aspect souvent sous-estimé des années universitaires : la construction d’un carnet d’adresses.
Selon elle, l’université ne constitue pas seulement un lieu d’apprentissage académique. Elle est aussi un espace où se nouent des relations qui peuvent jouer un rôle déterminant dans la vie professionnelle. Les camarades de promotion, les enseignants ou les intervenants extérieurs peuvent devenir, au fil des années, des partenaires, des collègues ou des contacts précieux dans différents secteurs d’activité.

Pour cette raison, elle encourage les étudiants à considérer leur passage à l’université comme un moment clé pour développer un réseau qui les accompagnera tout au long de leur carrière.
Une université tournée vers l’insertion professionnelle
Cette rencontre s’inscrit dans l’approche plus large de l’UFAR, qui met l’accent sur la professionnalisation de ses formations et sur le lien étroit avec le monde de l’entreprise. L’université développe de nombreux partenariats avec des acteurs économiques et organise régulièrement des événements destinés à rapprocher les étudiants du marché du travail.

Stages, rencontres avec des professionnels et forums de recrutement font partie des dispositifs mis en place pour faciliter l’insertion des diplômés. Ces initiatives visent à permettre aux étudiants de mieux comprendre les attentes des entreprises et d'acquérir des compétences directement applicables dans leur future carrière.
Dans ce contexte, l’événement organisé à l’occasion du mois des droits des femmes prend une dimension particulière. Il ne s’agit pas seulement d’encourager l’accès à l’emploi, mais aussi d’inciter les étudiantes à envisager des trajectoires ambitieuses et à occuper, à terme, des postes de direction au sein des entreprises arméniennes et internationales.
Encourager la confiance et les ambitions
Pour les étudiants présents, cette rencontre représente une opportunité de dialoguer directement avec des professionnelles dont les parcours peuvent servir de repères ou de sources d’inspiration. Loin d’un cadre strictement académique, les discussions ont permis d’aborder des questions très concrètes liées à la construction d’une carrière.
En multipliant ce type d’initiatives, l’UFAR cherche ainsi à accompagner ses étudiants non seulement dans leur réussite universitaire, mais aussi dans la construction d’un parcours professionnel





